Ca y est, les vacances sont terminées pour moi! On reprend le chemin du boulot et ce dès jeudi. Les articles se feront plus rares. Demain, je passerais sûrement vous voir en fin de journée ou début de soirée.

 

Un continent se brise, un océant naît.

Il y a 20 millions d'années, l'Arabie a commencé à se détacher du continent africain. Les deux blocs, qui depuis lors s'écartent de 1 cm par an, ont laissé place à la mer Rouge.

 

L'est africain, il y a 20 millions d'années. Tout est si tranquille. Les saisons succèdent aux saisons, les pluies et les tempêtes au calme d'un ciel d'azur. Et puis les choses se mettent à changer. De grands séismes accompagnent la naissance d'immenses falaises abruptes.

Un très long fossé se forme, au bord duquel s'alignent des lacs. Des volcans surgissent, crachant leurs cendres et vomissant leurs laves. Ils illuminent de rouge les ciels du soir. Il se passe sûrement quelque chose en dessous...

 

 

 

La péninsule du Sinaï, bordée à l'ouest par le golfe de Suez (qui la sépare du continent africain), à l'est par le golfe d'Aqaba (qui la sépare de la péninsule Arabique), et au sud par la mer Rouge.

 

Une fontaine solide jaillie des profondeurs

Un lent mais formidable processus est en effet en marche. Quelque chose comme une "fontaine solide" de roches à très haute température vient jaillir sous le continent. Issues de la profondeur du manteau, les roches les plus chaudes remontent à la vitesse de quelques centimètres par an. C'est gigantesque, cela part de ce qui est aujourd'hui le golfe de Suez et s'étend sur près de 2 000 km jusqu'à l'actuelle Djibouti. Des "coins" de manteau chaud pénètrent à la base de la croûte continentale et la fragmente, tandis qu'en surface le continent distendu se déchire et se couvre d'une multitude de volcans. En effet, au cours de sa lente remontée, une fraction (5%) du manteau solide a fondu et donné naissance au basalte liquide qui s'injecte à la faveur des fractures et vient s'épancher à la surface.

 

Un océan en devenir

Il y a 5 millions d'années, l'Arabie, qui a alors rompu les amarres, commence à s'éloigner de l'Afrique. Le fossé s'ouvre de plus en plus et la mer l'envahit: la mer Rouge est née. L'écartement se poursuivant, le continent s'amincit et bientôt, ce sont les roches du manteau lui-même et les laves qu'il exsude qui affleurent au fond de la mer. La mer Rouge n'est plus une simple mer, mais un jeune océan. Car, en son milieu, une dorsale fabrique du fond océanique en continu. Nul ne peut dire combien durera cette ouverture ni la taille de l'océan qui en naîtra.

 

 

 

Le livre ouvert de zabargad

Les roches de cet îlot ont archivé toute l'histoire de l'ouverture de la mer Rouge. On y trouve des conglomérats, témoins des sédiments qui se sont accumulés dans les fossés créés par l'ouverture de la mer, des basaltes du plancher ainsi que des gneiss, refroidis voilà 400 millions d'année et qui appartiennent à l'ancien continent Afrique-Arabie d'avant la rupture. On y a décrit pour la première fois la péridotite: les premiers craquements du plancher ont fait remonter du manteau cette roche verte, riche en olivine et dont on fit un commerce recherché durant l'Antiquité, à des fins de joaillerie.

 

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