Collisions cosmiques

Depuis le début de la formation du Système solaire, des milliers de corps errants percutent les planètes qu'ils rencontrent sur leur trajectoire, creusant  d'immenses cratères à leur surface.

 

 

 

En juillet 1994, les observateurs assistent en direct à une catastrophe spatiale: des fragments de la comète Shoemaker-Levy viennent de percuter Jupiter. Le choc libère une grande quantité d'énergie: des fragments de 1 km heurtent la planète à 60 km/s, laissant des trous impressionnants, de près de 10 000 km de diamète, dans l'atmosphère jovienne! Des phénomènes de cette importance sont très rares à l'échelle d'une vie humaine. Pourtant, des milliers de blocs, gros et petits, sillonnents encore l'espace et aucune planète n'est définitivement à l'abri de ces impacts.

 

Cicatrices de naissance

Les collisions ont été très nombreuses aux premiers temps du Système solaire, avec en particulier la chute de très gros corps. Ces chutes s'expliquent par la violence des phénomènes liés à la création des planètes: lorsqu'elles se constitent, de nombreux planétésimaux (éléments de base des planètes) continuent à percuter les objets rencontrés de leur course vers le centre attractif qu'est le soleil. Toutes les planètes, tous les satellites, tous les astéroïdes ont dû subir ces agressions extérieures, dont ils conservent d'importantes cicatrices. Les immenses cratères d'impact sur la lune laissent imaginer les colossales quantités d'énergie qui ont été libérées lors de leur formation.

 

La Terre bombardée

Dans le passée, la Terre a elle aussi reçu des chocs violents, provoqués par des objets dépassant parfois 1 km de long. Les quantités de matière soulevée dans l'atmosphère furent alors si impressionnantes que l'ensoleillement et, donc, le climent en furent affectés. Un événement de ce genre explique la disparition d'un grand nombre d'espèces (dont les dinausores) à la fin du crétacé, il y  65 millions d'années. Peu de traces subsistent de ces collisions: les cratères ont disparu à cause de l'activité géologique incessante de notre planète. Parmi celles qui sont encore décelables, les plus anciennes ont été retrouvées au Québec, à Clearwter Lake, où deux cratères d'impact de respectivement 32 km et 27 km de diamètre proviendraient d'une météorite entrée dans l'atmosphère il y a 300 millions d'années.

 

 

 

Des étoiles filantes explosives

Aujourd'hui, on estime à plus de 100 000 tonnes la quantité de matière qui entre chaque année dans notre atmosphère à des vitesses de 10 à 70 km/s. Petits grains ou blocs plus gros, cette pluie de poussière est en partie libérée par les comètes attirées par le soleil. Sur leur orbite, elles croisent parfois la trajectoire de la Terre. Des morceaux de matière pénètrent dans l'atmosphère; leur course est alors freinée par les molécules de l'air, ce qui provoque un échauffement. L'énergie qui en resulte donne une traînée lumineuse: ce sont les étoiles filantes. Ces corps sont en majorité détruits au cours de leur pénétration dans l'atmosphère mais il peut arriver,très exceptionnellement, que des blocs de plusieurs dizaines de mètres de diamètre heurent la Terre. La fréquence de cet événement est inversement proportionnelle à la taille de l'objet. Il y a 40 000 ans, une météorité métallique de 25 m, ce qui correspont à une masse de 65 000 tonnes, à creusé un cratère de 1,2 km de diamètre et de 150 m de profondeur en Arizona, le célèbre Meteor Crater. Les 30 juin 1908, un noyau cométaire de 40 m, pesant 30 000 tonnes, a explosé à quelques kilomètres d'altitude au-dessus de la région de la Toungouska, en Sibérie centrale. Aucun cratère n'est visible mais, dans une zone de 40 km, les arbres ont été arrachés, et leurs troncs projetés à l'opposé du point d'explosion.

 

Des cuvettes et des bassins

L'étude des cratères, des points d'impact, de la qualité des sols peut donner de précieux renseignements sur l'histoire de la formation des planètes et sur leur structure, mais aussi sur la nature et l'origine des objets qui les ont percutées.

Les cratères dont le diamètre est de quelques kilomètres revêtent la forme d'une cuvette peu profonde - de 10 à 20% de leur diamètre. Le choc a provoqué ici une éjection de matière et crée un bourrelet tout autour.

Les cratères dont le diamètre se situe entre 20 et 150 km sont révélateurs d'un choc beaucoup plus important. Ils présentent un piton central, résultant d'un rebond, ainsi que des parois internes abruptes où se forment des glissements de terrain, construisant peu à peu des terrasses concentriques. Dans les cratères d'un diamètre supérieur à 200 km, ou bassins, les énergies libérées lors de l'impact ont été telles que l'on peut y observer de nombreux revonds successifs, formant alors un anneau à l'intérieur du cratère.

 

 

 

Un jour, peut-être?

Si un objet massif devait percuter la Terre, il céerait des dégâts consédiérables. Au-delà des destructions directes provoquées sur le lieu de l'impact ou par l'onde de choc associée, il faut imaginer les milliers de tonnes de matière répandues dans la haute atmosphère et distribuées tout autour de la planète. L'obscurcissement serait tel que la végétation, privée d'énergie solairen dépérirait. Les êtres humains, en bout de chaîne alimentaire, disparaîtraient par millions. Mais la fréquence d'un tel événement est rare: on estime en effet que de très gros corps ne frapperaient notre planète que trois fois par millions d'années, et que seul l'un d'entre eux pourrait atteindre une surface continentale!

 

 

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