A l'époque des dinosaures, la Terre était plus souvent atteinte par les astéroïdes qu'aujourd'hui. Cette intense activité cosmique, qui boulversa la vie sur notre planète, est une explication possible de l'extinction en masse des dinosaures.

 

Les atéroïdes sont des fragments "avancés" du processus de formation des planètes, qui errent dans l'espace sur des orbites extrêmement instables. Ils peuvent entrer à tout moment en collision avec d'autres corps célestes. On peut observer le résultat d'un tel bombardement cosmique sur la Lune, ou sur la partie méridionale de Mars: les énormes cratères qui constellent la surface du satellite de la Terre, comme ceux de la planète rouge, sont dus à l'impact de météorites dont le diamètre peut varier du mètre à plusieurs kilomètres.

 

Une collision fatale

Dans notre système solaire, la "ceinture d'astéroïdes" est une région riche en fragments planétaires qui n'ont pu s'assembler en raison de la présence de Jupiter et de son fort champ d'attraction gravitationnel. Ces fragments se déplacent sur des orbites très allongées (certaines sont même supérieures à celle de Pluton, la planète qui se trouve le plus à l'extérieur du système solaire). et instables; une petite perturbation suffit pour les faire changer de direction et les précipiter vers d'autres planètes (principalement Mars et la Terre). Il y a 65 millions d'années, un astéroïde d'un diamètre de 10 km serait venu percuter la Terre à une vitesse de plusieurs dizaines de km/s. Les répercutions de cet événement auraient été considérables. Un immense cratère de plus de 200 km de diamètre se serait formé sur environ 60 km de profondeur.

Sous l'effet du choc, l'astéroïde se serait entièrement pulvérisé, entraînant avec lui une intense activité volcanique à la surface de la Terre.

 

Détritus de l'espace

La ceinture d'astéroïdes est composée de vestiges de matières de nuages dont provient le système solaire. Les détritus les plus volumineux peuvent quitter l'orbite et voyager comme des bolides dans l'espace, entrant en collision avec d'autres corps célestes, telle la Terre. Un impact de ce type aurait causé l'extinction des dinosaures il y a 65 millions d'années.

 

Les effets de la collision

Un groupe de scientifiques américains  conduit par L.W. Alvarez (prix Nobel de Physiques en 1968), situa le lieu de l'impact de la météorite au Mexique, dans la presqu'île du Yucatan, entre le Golfe du Mexique et la mer des Antilles. L'onde de choc traversa plusieurs fois la planète, comme un grand tremblement de terre jamais enregistré, entraînant la modification structurelle de nombreuses roches, lesquelles relâchèrent de l'anhydride carbonique. Sur un rayon de plusieurs milliers de kilomètres, la vie fut instantanément détruite. La croûte terrestre commença à trembler alors que l'océan Atlantique, encore jeune, se soulevèrent d'énormes vagues, recouvrant le golfe du Mexique et achevant de dévatser le milieur terrestre. Plus dévastateur encore fut le nuage de matières en fusion qui se répandit dans l'atmosphère. Il obscurcit le ciel, empêchant les rayons du soleil d'atteindre la planète. Un froid hostile recouvrit la surface de la Terre, similaire à celui d'un hiver nucléaire pour une importante explosion atomique.

En l'absence de lumière, les plantes périrent, n'étant plus en mesure d'assurer la photosynthèse. Elles entraînèrent dans leur mort celles des grands herbivores qui ne trouvaient plus de nourriture, puis celle de leurs prédateurs, les carnivores. Toute la chaîne alimentaire fut ainsi anéantie. En quelques milliers d'années seulement, 75% des espèces végétales et animales, présentes depuis 175 millions d'années, furent décimées. Notre planète fut réduite à une étendue désolée. Seuls survécurent quelques rares plantes et animaux, les mammifères notamment, en l'occurence de minuscules rongeurs. Ils allaient conquérir progressivement la Terre.

 

 

 

 

Un événement...quotidien!

L'absence d'agents atmosphériques (pluie, vent) et d'activité tectonique rendent nettement plus visibles les traces d'impacts entre corps célestes. De nombreuses planètes et satellites du système solaire présentent des signes de collisions; un phénomène quotidien dans notre système planètaire.

 

 

 

Sur la lune

 

 

 

Sur Mars

 

Une thèse plausible

Si de nombreux scientifiques adhèrent à la thèse selon laquelle les dinosaures auraient disparu massivement à la suite d'une collision d'un astéroïde, c'est qu'il existent plusieurs indices pour l'accréditer.

Dans une gorge située sur les contreforts de Gubbio, en Italie, on peut observer des roches calcaires stratifiées appartement à la formation dite "écaille rouge", apparemment déposées de manière continue au cours du temps. En remontant les strates, des plus anciennes aux plus récentes, on constate que les traces de certaines espèces fossiles disparaissent, sans raison apparente. La limite entre les traces du Crétacé et celles du Trias (il y a 65 millions d'années, appelée limite K-T) est constituée, dans de nombreuses régions, par une mince strate d'argile de seulement 2 cm d'épaisseur, complètement privée de fossiles. C'est comme si, durant cette période, la vie avait disparu. La strate d'argile dominante à Gubbio, soumise à des analyses aux Etats-Unis, a révélé la présence d'une étonnante quantité d'iridium, élément chimique presque absent sur Terre. Une telle concentration n'a pu provenir que de l'espace. Cette "anomalie de l'iridium", vérifiée par les chercheurs américains, fut finalement la première preuve tangible de l'existence d'un grand événement cosmique.

Une fois cet indice découvert, des fouilles furent entreprises sur le cratère mexicain laissé par l'astéroïde. Des techniques d'exploration très avancées furent utilisées pour examiner les fonds marins et la croûte terrestre. Le cratère de Manson (Iowa, Etats-Unis) fut le premier à intéressé les scientifiques. Mais il était trop petit comparé à la dépression circulaire de quelques 200 km de diamètre, située au large de la péninsule du Yucatan. Entourée d'immenses effondrements sous-marins provoqués par des raz-de-marée consécutifs à l'impact de l'astéroïde, cette trace d'un gigantesque cataclysme ressemblait bien à l'endroit où avait pu se produire la collision.

A ces deux découvertes importantes (abscence de fossiles dans la strate d'argile remontnant à environ 65 millions d'années et présence d'iridium dans la même strate) réalisées en divers lieux (Espagne, Italie, Europe du Nord, Mexique) s'est ajoutée celle de petites sphères de quartz qui se sont constituées lors de la fusion des roches. En Italie toujours, sous le promontoire de Conero (Ancone), de petites sphères de quartz portent les marques d'un impact violent, parmi les roches datant de cette période.

La collecte de tous ces indices a requis la collaboration de nombreux scientiques venus du monde entier depuis 30 ans, sans que les travaux réalisés n'apportent pour autant de preuve irréfutable à ce sujet.

 

L'interrogation des scientifiques

Si les dinosaures étaient des êtres puissants, parfaitement adaptés à leur environnement et très évolués, pourquoi la nature a-t-elle favorisé le développement de reptiles plus primitifs et, indirectement, celui des mammifères, plus faibles?

 

Climat et extinction

Le climat de la Terre, après l'limpact de l'astéroïde, subit des mutations profondes. La fonte des glaces, en particulier, joua un rôle important dans l'extinction en masse.

 

Les extinctions en masse

L'extinction des dinosaures et de nombreux autres espèces à la fin du Crétacé, il y a quelque 65 millions d'années, est certainement l'un des phénomènes les plus marquants de l'histoire de notre planète, car il entraîna la disparition de ses habitants les plus impressionnants et celle de beaucoup d'autres espèces.

Mais le phénomène d'extinction en masse est récurrent dans l'histoire de la vie sur Terre. Une extinction en masse signifie la mort presque instantanée (en termes géologiques, soit sur une période de 4 000 à 6 000 ans) de tous les représentants de plusieurs groupes d'organismes, d'une espèce isolée voire d'une famille entière. On compte au moins six événements de ce type. Au passage entre le Précambien et le Cambien, alors que la glace dominait des parties entières du globe, de nombreuses espèces végétales d'organismes unicellulaires, héritées de la soupe primitive, disparurent. Au Dénovien ( il y a 370 millions d'années), ce furent les coraux, les éponges et les brachiopodes, dotés de coquilles rappelant celles des bivalves, qui disparurent. D'autres événements similaires se situent à la fin du Trias et au cours de l'Eocène. A la fin de l'aire paléozoïque, les terres émergées sont réunies en un seul continent, la Pangée, et le climat rigoureux devient très aride au cours du Trias. Les trétacoraux, les foraminifères bentoniques, les trilobites, les ammonites et d'autres organismes marins, représentant environ 96% des espèces animales, connurent des crisent profondes et disparurent définitivement. Le Triasique s'ouvrit donc sur un grand désert biologique. On peut se demander si ces événements catastrophiques ont engendrés une meilleur adaptation de la vie. Par exemple, l'extinction des dinosaures ainsi que celle de nombreuses espèces animales et végétales, au cours du Crétacé a permis à de petits mammifères vivants vivant déjà au Trias, de conquérir la Terre, les mers et les airs, et d'évoluer jusqu'à l'apparition de nos ancêtres, les Hominidés.

 

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