Au secours des joyaux de la forêts.

Les grenouilles comptent parmi les plus beaux amphibiens de notre planète, mais, depuis quelques années, leur nombre est en diminution dans le monde entier. Ces animaux fascinants, qui respirent par la peau, sont particulièrement sensibles à la qualité de l'air et de l'eau et aux changements de climat. De nombreuses espèces sont menacées par la perte de l'habitat. Les grenouilles les plus colorées sont venimeuses mais, malgré cela, l'homme capture dans la nature ces créatures minuscules et étonnantes pour en faire des animaux de compagnie.

 

 

 

 

Rainette verte

 

 

 

Rainette aux yeux rouges

 

 

 

 Aplastodiscus perviridis

 

Des menaces planétaires

Les grenouilles arboricoles vivent surtout au sud-est de l'Asie, en Australie, et en Amérique. Leurs doigts sont munis de ventouses qui les aident à grimper aux arbres qu'elles habitent. Leur taille varie de 1 à 15 cm. Nous savons peu de choses sur les espèces récemment découvertes, sinon qu'un grand nombre d'entre elles sont menacées. En raison de leur sensibilité particulière, les grenouilles arboricoles des forêts humides d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud font office d'indicateurs sur la nature de leurs écosystèmes. Dans de nombreuses régions, l'air qu'elles respirent et l'eau qui les abrite sont dégradés par la pollution. Les barrages et l'irrigation ont modifié le niveau hydrostatique. Les changements atmosphériques provoqués par le réchauffement de la planète ont radicalement modifié le schéma des saisons et le manque de saison des pluies, certaines années, a affecté les population de grenouilles arboricoles.

 

 

 

Bokermannohyla circumdata

 

 

 

Dendropsophus bogerti

 

 

 

Exerodonta catracha

 

Une mycose mortelle

Dans le monde entier, des maladies mortelles frappent les amphibiens. L'une des pires est une mycose appelée Batrachochytrium dendrobatidis, qui attaque les grenouilles arboricoles et provoque des infections cutanées. Il se pourrait qu'elle soit apportée par l'homme qui pénètre dans l'environnement des amphibiens. Depuis qu'elle a été découverte en 1991, la maladie s'est répandue dans toute l'Amérique du Sud. Elle a décimé la population des grenouilles arboricoles et est devenue un problème mondial.

 

 

 

Rainette versicolore

 

 

 

Hyloscirtus colymba

 

 

 

Trachycephalus resinifictrix

 

S.O.S pour une grenouille bleue

La grenouille bleue vénéneuse (Dendrobates azureus) fut découverte dans les années 60. Elle vie au Surinam. Les collectionneurs l'ont tout de suite repérés pour ses éclatantes couleurs exotiques. Mais la diminution de sa population a conduit la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d'extinction (CITES) à limiter son exportation à partir de 1987. En captivité, cette grenouille se reproduit, mais elle devient moins venimeuse. Elle est assez commune dans les zoos, mais elle est devenue rare dans la nature.

 

 

 

 

 

Dendrobares auratus

 

 

 

Rainette jaguar

 

Nulle part où aller

Le déclin des forêt humides d'Amérique du Sud n'est plus à démontrer. Les écologistes préviennent que si cela continue au même rythme, il restera peu d'habitats épargnés dans les années à venir. Les principales causes de la déforestation sont l'exploitation du bois, l'exploitation minière et le défrichement au profit du bétail. Au Pérou, certaines espèces de grenouilles arboricoles ont réussi à s'adapter à leur nouvel environnement. Mais les fermiers les tuent parce que leur bétail meurt après avoir brouté l'herbe sur laquelle ces amphibiens autement toxiques se sont posés. Dans d'autres parties du monde, l'interaction humaine affecte aussi les grenouilles arboricoles. En raison de son isolement, l'Australie possède un habitat unique, véritable laboratoire vivant. Le déclin des grenouilles arboricoles indigènes, comme la grenouille verte et jaune de Bell, provient de la destruction de l'habitat, du changement des courants dans les rivières et les marécages, des herbicides et des prédateurs qui ont été introduits. Le crapaud de canne, par exemple, introduit pour tuer les coléoptères, mange tout ce qu'il trouve, y compris les grenouilles arboricoles.

 

 

 

Dendrobate teint

 

 

 

Ameerega macero

 

 

 

Epipedobates anthonyi

 

Des compagnons toxiques

Les petits amphibiens sont très populaires dans le commerce des animaux de compagnie exotiques. Leurs couleurs vives, leur originalité et leur rareté les rendent attractifs et très prisés. Leur beauté les élève au rang de bijoux précieux et leur taille minuscule permet de les garder dans de petits bocaux. On les garde sans difficulté mais leur reproduction est difficile - ce qui signifie que chaque spécimen arraché à la nature en est un de plus enlevé au patrimoine héréditaire de cette espèce fascinante. Pour chaque grenouille qui survit pour devenir un animal de compagnie, un grand nombre meurt sur le chemin de la captivité.

 

 

 

Adelphobates castaneoticus

 

 

 

Andinobates bombetes

 

 

 

Andinobates dorisswansonae

 

Agir pour sauvegarder: zoom sur Hong Kong

L'un des amphibiens les plus rares du monde est la minuscule grenouille arboricole de Romer (Philautus romeri), découverte dans une grotte sous-marine de l'île Lamma, à Hong Kong, en 1952. Après l'effondrement de la grotte, un an plus tard, on a craint pour la race, puis on a trouvé ces mêmes grenouilles dans les îles voisines.

 

 

 

Une rareté minuscule

La grenouille arboricole de Romer est la plus petite des grenouilles de Hong Kong (1,5 à 2 cm). Il n'est dont pas surprenant qu'on ne l'ait découverte que récemment.

 

La survie des grenouilles les plus rares

La grenouille arboricole de Romer, menacée, a réussi à survivre dans l'une des régions les plus peuplées de Hong Kong, l'île de Lantau, la plus grande des îles, qui constituent Hong Kong.

 

Projet de repeuplement

En 1992, le projet de nouvel aéroport de Hong Kong a fait le malheur de l'espèce. Pour le contruire, il fallait niveler une partie de l'île de Lantau, qui abritait un tiers des individus de l'espèce de Romer. la population totale de ces grenouilles arboricoles était alors estimée à 1 300, il fallait donc faire quelque chose pour sauver l'espèce. Près de 500 grenouilles et têtards ont été enlevés du site et, dans le cadre d'un programme conjoint de l'université de Hong Kong et du zoo de Melbourne, 30 grenouilles on été emmenées dans le sud de l'Australie. Le zoo a commencé un programme de reproduction et, avec l'université, ils ont trouvés des sites appropriés à Hong Kong et dans les régions voisines pour relâcher les grenouilles dans la nature. Les 439 individus élevés au zoo de Melbourne furent ramenés à Hong Kong en 1994, ainsi que 260 spécimens élevés en captivité, en 1995. En tout, près de 2 000 grenouilles et têtards ont été relâvhés dans différents endroits de l'île et se sonr adpatés avec succès à leur habitat.

 

Statut actuel de la grenouille de Romer

Statut: données insuffisantes

Nombre d'animaux sauvage: a peu près 2 000 

Répartition: îles de Lamma, Lantau, Chek, Lap Kok, Po Toi

Principales menaces: destruction de l'habitat

Protection légale: sévèrement protégé par le Hong Kong Regional Government Wildlife Ordinance. Ngong Ping, à Lantau, est classé site d'intérêt scientifique spécial (SSSI)

 

Comment agir?

Vous pouvez vous aussi aider les grenouilles arboricoles menacées:

- Rejoignez la société d'erpétologie (British Herpetological society),

C/O Zoological Society of London, Regent's Park, London, NW1 4 RY

- Boycottez les produits de source non durable émanant des forêts tropicales humides.

- Ne vous procurez que des grenouilles arboricoles élevées en captivité.

 

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Grenouille arboricole de Dennys