Il a disparu et seul le cheval de Przewalski, son cousin, témoigne de ce qu'il était.

 

Jamais véritablement domestiqué

Infatigable, résistant, batailleur, l'étalon veille à la sécurité d'une dizaine de juments.

 

 

 

Dans les steppes de la Russie...

Fier, la crinière au vent, les narines dilatés, l'étalon trotte à grandes enjambées. Il tourne autour de ses juments, s'approche d'un jeune mâle, et fait mine de le défier en duel: tête tendue, oreilles baissées, il mord son adversaire, qui n'en demande pas plus, et s'éloigne.

L'étalon poursuit ce rival peu comnbatif puis brusquement s'arrête, baisse la tête pour sentir une touffe d'herbe marquée par l'odeur d'une jument. Excité, il tend son cou, pointe son museau vers le ciel, et relève de manière instinctive sa lèvre supérieure: c'est le geste de fiehmen, cette mimique caractéristique à bon nombre de mâles herbivores qui repèrent l'odeur des femelles prêtes à l'accouplement.

L'étalon n'a plus que deux idées en tête: faire fuir les jeunes mâles et couvrir ses juments. Mais celles-ci ne sont pas toujours d'accord, elles font semblant d'accepter l'approche du mâle, se laissent parfois sentir les paties génitales. Dès que le mâle du harem insiste, elles ruent avant de prendre un galop, emmenant dans leur course d'autres juments et leurs pourlains.

 

Un cheval venu du froid

A l'époque des grandes glaciations, les troupeaux de tarpans galopaient dans presque toute l'Europe. Ces petits chevaux, aux poils longs et drus ont toujours été habitués à la rudesse des climats froids. Lorsque les températures se radoucirent, que les grandes steppes couvertes de graminées laissèrent peu à peu la place à de profondes forêts, les tarpans se divisèrent en deux sous-espèces. La première conserva son mode de vie dans les toundras et autres zones ouvertes, l'autre préféra se réfugier dans les forêts, dans lesquelles sa taille diminua. Mais les deux sous-espèces gardèrent un aspect semblable: une tête plutôt massive au nez busqué, un corps robuste et un pelage gris souris, plus clair en hiver. La crinière, la queue et le bas des membres étaient noires. Du garrot à la naissance de la queue, le cheval avait une longue raie noire.

 

 

 

Race ressemblant au Tarpan et qui s'appellent Konik Polski. Cette race a été créée pour reconstitué le tarpan.

 

Performance

Les tarpans étaient des chevaux extrêment endurants, capables de parcourir des dizaines de kilomètres par jour. Pour pouvoir capturer les poulains vivants, les chasseurs se lançaient dans des poursuites longues et difficiles. Les petits chevaux avaient un pied beaucoup plus sûr que les Equidés domestiques. Quant à vouloir attraper un adulte, cela relevait de la quasi-impossibilité. De toute façon le tarpan capturé trop vieux gardait son caractère fougueux, craintif et sauvage.

 

Extraordinaire

Echippus est l'ancêtre de tous les Equidés, il mesurait à peine 60 cm au garrot, soit environ 1 m de moins que les chevaux actuels. Il fallut 40 millions d'années pour atteindre la taille des Equidés modernes.

En contrepartie, il a suffit de 500 ans à l'homme pour transformer une cheval de taille normale en un poney de 60 cm au garrot!

 

 

 

Le dernier tarpan étaient, paraît-il, une vieille femelle que la solitude avait fait se rapprocher des chevaux domestiques. Par un jour d'hiver, les paysans voulurent tester leurs chevaux à la course, ils forcèrent au maximun le dernier des tarpans, établirent même des relais. Mais la jument distençait toujours ses poursuivants. Les hommes ne voulaient pas la tuer, juste la capturer. Une crevasse dissimulée dans la neige stoppa net la course du tarpan, lui brisant une patte. L'animal fut brancardé jusqu'au village, les paysans tentèrent de le soigner, mais il mourrut, le 25 décembre 1879. Triste pour un Noël.

 

Une disparition inévitable

L'agriculute et son lot de déboisement fit dès le Moyen-Age reculer un peu partout les troupeaux de tarpans. La sous-espèce vivant en forêt trouva un ultime réfuge dans le nord-est de la Pologne. Dans les grandes steppes du sud de la Russie, inhabitée par l'homme jusqu'au début du XIXe siècle, le tarpan des Steppes disposa de territoires immenses et d'une nourriture abondantes. Puis l'homme colonisa de plus en plus de régions. Les tarpans se croisèrent alors avec des juments domestiques, abâtardisant l'espèce sauvage. Vers le milieu du XIXe siècle, les petits chevaux des steppes étaient déjà si rares que les tentatives de sauvetage n'empêchèrent pas leur disparition.

 

 

 

Secret de Tarpan

On s'est longtemps demandé si quelques troupeaux de tarpans ne survivraient pas dans des régions éloignées de la Russie. Aujourd'hui il y a peu d'espoir que ces animaux soient parvenus vivants jusqu'a nous.

Des scientifiques ont tenté de reconstruire l'espèce à partir d'individus qui ont dans leurs gènes des traces de tarpan. On a ainsi pu obtenir des Equidés ayant l'allure générale de ces petits chevaux sauvages.

 

Le tarpan et l'homme

Les premières traces de domestication du cheval date de 4 000 ans avant J.C en Mésopotamie et en Chine. Des tablettes écrites par les Hittites, peuple d'Asie Mineure, présentent le dressage de petits chevaux de genre tarpan. Elles étaient manifestement destinées au personnel des écuries royales.

 

 

 

 

Ordre: Périssodactyles

Famille: Equidés

Genre et espèce: Equus przewalskii gmelini

 

Ses proportions

Taille au garrot: de 120 à 130 cm

Poids: 300 kg

 

Sa vie

Longévité: probablement une vingtaine d'années

Régime: herbivore, il se nourrissait d'herbes dures qu'aucun cheval domestique n'accepterait. Il savait aussi gratter la neige pour trouver de quoi subvenir à ses besoins.

 

Les tarpans et les chevaux domestiques n'ont pas le même nombre de chromosomes, on estime donc que les deux espèces sont distinctes. Mais ils appartiennent tous au genre Equus.

 

Distribution: sud de la Russie, Asie centrale

Habitat: steppes herbeuses

 

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