Il aura suffit d'un siècle à l'homme pour le faire disparaître.

 

Découvert au XVIIIe siècle, il disparaît 100 ans plus tard...

En le voyant, on pourrait croire qu'il s'agit d'un croisement entre un cheval et un zèbre, le couagga est pourtant bel et bien une espèce à part entière.

 

 

 

A peine plus petit et plus léger que le cheval de Przewalski, le seul cheval existant encore à l'état sauvage en Mongolie, ce drôle d'équidé galopait autrefois sur les terres africaines.

 

Un drôle de zèbre

Dans les grandes plaines de l'Afrique du Sud vivait autrefois une chimère, ou tout du moins ce qui pourrait aujourd'hui nous apparaître comme tel. Imaginez un peu un animal qui aurait la tête d'un zèbre rayé brun sur fond blanc, un corps couleur isabelle, une queue et des pattes plutôt blanches, le tout ayant l'allule d'un petit cheval.

Cet animal lorsqu'il fut découvert en 1770, peuplait par milliers le sud du Continent noir. Effrayé, traqué par le lion ce drôle de zèbre poussait un braiment qui n'appartenait qu'à lui, une sorte de "qua-ha" qui lui vaut son nom couagga.

Le couagga vivait en vaste troupeaux, se déplaçant tranquillement à la recherche de nouveaux pâturages, un peu à la manière des autres espèces de zèbres. Mais il ne tarda pas à connaître le pire des sorts.

 

 

 

Une disparition sans appel

Au siècle dernier, on se soucie peu de la reproduction des "bêtes fauves" en captivité, d'autant que les rares témoignages affirment que ces animaux sont fort nombreux dans la nature. Mais les Boers continuent leur massacre. Un siècle après leur découverte par les Occidentaux, en 1878, le dernier couagga libre est tué. Il en reste bien quelques-uns dans les zoos, mais l'espèce ne s'est jamais véritablement habituée à la captivité. Le dernier couagga, une femelle, meurt au zoo d'Amsterdam le 12 août 1883.

 

 

 

 

L'animal à abattre

Les Boers, des colons d'origine néerlandaises, débarquent sur la pointe du continent pour cultiver la terre et élever leur bétail. A cette époque, les couaggas vivaient en troupeaux tellement immenses que ceux-ci parraissaient inépuisables. Rapidement, ils reprochent à l'équidé sauvage d'entrer en concurrence directe avec leur troupeaux domestiques: le couagga devient l'animal à abattre.

Dans les colonies du Cap, il fait l'objet d'une chasse intensive: on organise de vastes safaris, des battues. Les colons utilisent le cuir tanné des couaggas pour en faire des sacs et consomment leur viande. Au rythme de milliers d'animaux décimés par an, il n'a aucune chance de s'en sortir. Il faudra moins d'un siècle aux hommes pour le rayer de la carte des espèces vivantes.

Parallèlement, en Occident les zoos sont à la mode, et de nombreux couaggas font le voyage vers l'Europe. Londres hébergent un troupeau assez important, et deux couaggas sont mêmes attelés au chariot pour distribuer chaque matin le foin. On raconte qu'un gentleman se promenait dans Hyde Park avec un phaéton tiré par deux de ces animaux.

 

 

 

Certaines sous-espèces du zèbre des plaines présentent des caractéristiques morphologiques proches de celles du couagga. Leur parenté est donc généralement admise.

 

Le couagga n'est hélas pas le seul animal qui ait disparu en aussi peu de temps, et dont l'anéantissement n'est que le fait de l'homme. Une antilope du nom d'hippotrague bleu vivait, elle aussi, en Afrique du Sud. Les Boers la détruisirent jusqu'au dernier spécimen en 1799. Bien avant, le dernier auroch fut abbatu en Pologne en 1627. La rhytine de Steller, cette espèce proche des dugons et des lamentins, fut découverte en 1741. 27 ans plus tard, il n'y avait plus un seul de ces animaux marins, exterminés par les chasseurs de fourrure. Les oiseaux ne sont pas épargnés: le dodo de la Réunion, ce gros pigeon incapabale de voler disparut au XVIIIe siècle. le grand pingouin, (incapable lui aussi de voler), s'éteignit totalement en 1844, et la jolie perruche de Caroline n'a plus le droit de cité depuis 1914. Il ne s'agit que de quelques exemples car tristement la liste est très longue.

 

 

 

De cet équidé, on ne connaît aujourd'hui que l'apparence. Il a disparut avant que l'on étudie sa biologie et ses moeurs.

 

Extraordinaire

Des recherches faites sur de l'ADN acide récupéré sur des animaux naturalisés semblent confirmer que le couagga était une sous-espèce de zèbre des plaines. Il n'est donc pas impossible de retrouver des traces de gènes de couagga chez ce proche parent. Une sélection systématique de zèbres brunâtres aux rayures peu marquées permettrait de reconstituer un animal qui aurait l'allule général du couagga. Mais il ne s'agirait que d'une copie, on ne fait pas revivre un animal disparut et qui a évolué pendant des millions d'années.

 

Secret de couagga 

Une vingtaine de peaux, une douzaine de crânes, quelques spécimens empaillés, dont un conservé au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, et trois photos. Voilà tout ce qui reste de ce "drôle de zèbre". Avec sa disparition, le couagga a emporté dans sa tombe tous les secrets de sa biologie, et de son comportement.

 

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Le couagga et l'homme

S'il était encore de ce monde, le couagga ne garderait certainement pas un excellent souvenir de sa rencontre avec l'homme blanc.

En un siècle à peine, les Boers sont parvenus à éliminer de la surface de la terre une sous-espèce animal florissante. Ils tuèrent des milliers et des milliers d'animaux, pour en consommer la chair et tanner le cuir.

 

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Enigme

 

Couagga qui es-tu?

Quelle sorte d'équidé était le couagga? Voilà une question restée longtemps sans réponse. Il possédait à la fois des traits du cheval et du zèbre. Pour tenter de lui trouver une place parmi les équidés il faut d'abord faire un peu de zoologie. Cette famille comprend 6 groupes principaux: les chevaux, les ânes, les hémiones, les zèbres de plaine, les zèbres de montagne et les zèbres de Grevy.

Les zèbres de plaine regroupent diversent sous-espèces, dont le zèbre de Burchell, qui se caractérise par des rayures brunes, larges et de plus en plus espacées vers la croupe. Ses pattes sont entièrement blanches. Des caractéristiques morphologiques qui rappellent celles du couagga. Il est donc généralement admis, mais pas encore prouvé, que le couagga appartient à une espèce soeur du zèbre de Burchell.

 

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Ordre: périssodactyle

Famille: équidé

Genre et espèce: equus quagga quagga

 

Ses proportions

Longueur du corps: entre 200 et 245 cm

Hauteur du garrot: 120 à 130 cm

Poids: de 200 à 300 kg

 

Sa vie

Longécité: inconnue

Régime: inconnue

Reproduction: inconnue

 

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