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Reglement des chasses

Voici ci-dessous le premier règlement des chasses concernant Antoine qui est affiché aux portes des églises par Monsieur l'intendant d'Auvergne :

Ordonnance

De par le roi Simon Charles Sébastien Bernard de Ballainvuller, Chevalier, Seigneur de Vilbouzin et Dumenil, Conseiller du roi en ses conseils, Maître de requêtes ordinaire de on hôtel, Grand Croix de l'Ordre Royal et militaire de Saint Louis, Intendant de justice, police et finance en la Généralité de Riom et province d'Auvergne.

"Les cruautés exercées dans différents lieux de la province d'Auvergne pat une bête féroce, qui ne cesse d'y faire des incursions fréquentes, et de laisser partout où elle passe des traces sanglantes de sa voracité, ont ému et touché le coeur compatissant de sa majesté.

Elle m'a ordonné en conséquence d'annoncer une gratification de 6 000 livres, en faveur de celui ou ceux qui parviendraient à détruire ce cruel animal; inutilement a-t-on fait jusqu'à présent des battues et des chasses nombreuses pour attaquer et tuer ce monstre. Nous avons la douleur d'être instruit de son existence par la détail des cruautés qu'il continue de faire et, voulant satisfaire à la fois à ce qu'exigent de nous l'humanité et les devoirs de la place que nous occupons, nous croyons ne pouvoir nous dispenser d'indiquer les moyens nécessaire pour parvenir à sa destruction.

Article premier,

Un nombre suffisant d'habitants des paroisses de notre généralité, qui sont exposés aux incursions de la bête féroce, seront tenus aux premiers ordres qu'ils recevront de notre part par nos subdélégués, de se transporter armés, de la façon qu'il sera ci-après expliqué, dans les lieux qui seront indiqués pour donné la chasse au dit animal.

Article 2,

Ces habitants seront armés, les uns des baïonnettes et fusils chargés de lingots, les autres de sabres, d'autres de fusils et de sabres; et enfin ceux qui n'auront pas la facilité de s eprocurer ces sortes d'armes seront armés de fourches de fer, de piques et autres armes offensives.

Article 3,

Ordonnons qu'il soit placé, dans les villages les plus exposés, deux hommes armés en état de défendre pour combattre la bête féroce en cas que par l'effet de la chasse elle parvienne à se jeter dans ces villages.

Article 4,

Pour parvenir à faire tomber la bête féroce dans les embuscades qui lui seront tendues, ordonnons qu'il soit commandé par nos subdélégués un certain nombre de chasseurs bien armés à l'effet de battre la campagne et les bois, se prter en avant et chasser la bête.

Article 5,

Lorsque les dits habitants se seront transportés au lieu et à l'heure indiqués par notre subdélégué, il sera nécessaire qu'ils se divisent oar pelotons composés de plus de cinq personnes et assez distants les uns des autres pour que l'arme à feu ne puisse blesser ceux qui composeraient un autre peloton. Ces pelotons seront placés aux différents endroits par où la bête pourrait s'échapper.

Article 6,

Ces pelotons demeureront à leur postes sans pourvoir courir sur la dite bête que dans le cas d'une nécessité absolue.

Article 7,

Ne pouvant prévoir ou la bête féroce paraîtra, et par conséquent désigner les paroisses qui peuvenyt être employées à chasser cette bête, nous autorisons nos subdélégués à donner les ordres nécessaire suivant les circonstances : enjoignons aux dits habitants de se conformer à ce qui sera prescrit de notre part par nos subdélégués.

Article 8,

Dans le cas où la bête serait tuée par un des habitants, il sera tenu de nous l'apporter aussitôt à Clermont et de nous la présenter sans être en aucune façon mutilée, si ce n'est par des coups qu'elle pourra avoir reçus quand elle aura été attaquée.

Article 9,

Faisons défence à aucun des dits habitants sous prétexte de chasser et hors celle de tirer sur aucune espèce de gibier; à peine de cinquante livres d'amende.

Article 10,

Ordonnons que si on parvient à tuer la dite bête féroce, il soit sur-le-champ dressé procès-verbal sommaire de la façont dont elle aura été attaquée et détruite. Lequel procès-verbak sera fait en présence de deux notables, consuls ou autres, q'il s'en trouve et fera mention du nom et qualité de celui qui aura tué la dite bête féroce.

Article 11,

Dans le cas où il s'élèverait quelque difficulté ou querelle entre ceux qui prétendraient avoir concouru à la destruction de la dite bête féroce, ordonnons que par provision elle nous soit conduite à Clermont par un des consuls de la paroisse où elle aura été tuée, sauf ceux entre lesquels la dispute se serait élevée ) se retirer devant le subdélégué du lieu qui dressera procès-verbal des dires des parties pour nous être envoyé"

Signé : Bernard Ballainvillers.

 

A noter que cet affichage parle à maintes reprises d'une bête féroce, jamais de loup, ce qui laisse à penser que l'Intendant lui-même ne croit pas que la Bête soit un loup.

Le 11 juillet, Antoine reçoit de l'Intendant d'Auvergne les harpons et pièges qu'il avait demandé.

 

A suivre....

 

La Bête du Gévaudan, le loup acquittéé, enfin.