Les Bouddhas de Bâmiyân étaient trois statues monumentales en haut-relief de bouddhas debout, excavées dans la paroi d'une falaise située dans la vallée de Bamiyan du centre de l'Afghanistan, à 230 kilomètres au nord-ouest de Kaboul et à une altitude de 2 500 mètres.

Le site tout entier est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Les statues ont aujourd'hui disparu après avoir été détruites en mars 2001 par les talibans.

 

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Caractéristiques

 

Les Bouddhas de Bâmiyân étaient situés dans le centre-est de l'Afghanistan, dans le district de  Bamiyande la province du même nom, au nord-nord-ouest de la capitale Kaboul.

Les statues étaient au nombre de trois : le grand Bouddha avec 53 mètres de hauteur et le petit Bouddha avec 38 mètres de hauteur situées juste à côté de la ville de Bamiyan ainsi que le Bouddha de Kakrak mesurant 10 mètres de hauteur et situé à quatre kilomètres au sud-est.

Ces trois statues avaient été sculptées en haut-relief de sorte qu'elles se détachaient du fond d'une niche aménagée dans la falaise en grès. Les détails fins modelé sur la roche par un mélange de paille et de plâtre en faisaient des représentants du style Gandhara. Les statues étaient à l'origine colorées, la plus grande en carmine et les autres de multiples couleurs.

Un quatrième Bouddha est mentionné dans d'anciens textes ; il serait couché, mesurerait environ 300 mètres de longueur et serait enseveli sous les alluvions de la vallée. C'est lors d'une mission de localisation de cette statue qu'une équipe d'archéologues afghans découvre une autre statue de bouddha couché de 19 mètres de longueur, elle aussi ensevelie. Les informations concernant ce quatrième Bouddha doivent être considérées avec précaution, en attendant les conclusions des études archéologiques en cours le concernant, menées notamment par Zemaryalaï Tarzi, professeur honoraire à l'université de Strasbourg.

 

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Histoire

Un grand flou entoure les dates de construction de ces bouddhas. Les archéologues sont très prudents à ce sujet. Ils estiment que ces statues colossales et l'ensemble des travaux sur le site ont été réalisées entre 300 et 700, certains précisant que le « grand Bouddha » (53 mètres) daterait du Ve siècle, le « petit Bouddha » (38 mètres) de la seconde moitié du troisième siècle, des décors peints ayant été réalisés sur les deux statues et sur les parois des niches durant les siècles suivants.

À quatre kilomètres au sud-est des Bouddhas de Bâmiyân, à Kakrak, se trouve un autre bouddha creusé dans la falaise, d'une hauteur de dix mètres, de facture plus grossière que les précédents. On le date du Ve ou du VIe siècle, peut-être d'une époque ultérieure.

Ces statues étaient taillées directement dans les falaises de grès, mais les détails avaient été modelés dans un mélange de boue et de paille, puis enduits de stuc. Cet enduit, qui avait pratiquement disparu depuis bien longtemps, était peint pour améliorer le rendu des expressions des visages, des mains et du drapé des robes. Les parties inférieures des bras des statues ont été faites du même mélange d'argile et de paille et soutenues par des armatures en bois. On pense que les parties supérieures des visages étaient constituées de grands masques en bois ou en métal. Les alignements de trous que l'on peut remarquer sur les photographies accueillaient des chevilles en bois servant à stabiliser la couverture de stuc.

Située sur la route de soie reliant la Chine et l'Inde au monde occidental, Bamiyan se développa comme un centre religieux comportant plusieurs monastères bouddhistes. Ce centre majeur, l'un des plus importants du IIe siècle jusqu'à l'apparition de l'islam dans la vallée, à la fin du IXe siècle, accueillait moines et ermites qui résidaient dans de petites cavernes creusées dans la paroi des falaises tout au long de la vallée de Bâmiyân.

Le pèlerin bouddhiste chinois Hiuen-Tsang (Xuanzang) qui traverse la vallée en 632, l'année de la mort de Mahomet, décrit Bâmiyân comme un centre bouddhiste en plein épanouissement « comptant plus de dix monastères et plus de mille moines » et indique que les deux bouddhas géants « sont décorés d'or et de bijoux fins ».

Environ 100 ans plus tard, le moine bouddhiste coréen Huizhao traverse lui aussi la région.

Au XIe siècle, le grand savant musulman Al-Bîrûnî, curieux des réalisations bouddhistes, avait traduit un poème (aujourd'hui disparu) sur les Bouddhas de Bâmiyân.

William Moorcroft est le premier Occidental a découvrir les Bouddhas. Les fresques évoquent pour lui le style du Tibet qu'il a exploré.

Au XIXe siècle, divers voyageurs européens ont été émerveillés en découvrant le site de Bâmiyân et les bouddhas creusés dans la falaise ; ils en ont laissé des descriptions et des dessins parfois fantaisistes.

Entre 1842 et 1870, à la suite de nombreuses tentatives d'invasions Britanniques, venues des Indes Britanniques, des armes à feux et des canons arrivèrent dans la région : les statues sont alors criblées de balles, et d'impacts.

 

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À la suite de l'envoi de Mutawas saoudiens en Afghanistan pour aider le gouvernement des talibans à former leur police de répression du vice et de promotion de la vertu, le gouvernement taliban fut convaincu de démolir les Bouddhas de Bâmiyân, sachant que toute représentation humaie est interdite par la doctrine islamique.

En 2001, après avoir survécu relativement épargnées durant plus de quinze siècles, avoir assisté à la destruction de la ville de Bâmiyân par les Mongols de Genghis Khan en 1221, avoir subi l'occupation russe, les statues sont décrétées idolâtres par Mohammed Omar et les talibans les détruisent au moyen d'explosifs et de tirs d'artillerie. En mars 2001, les deux statues avaient disparu après presque un mois de bombardement intensif, causant une vive émotion de par le monde.

Pendant l'opération de destruction, Qadratullah Jamal, le ministre de l'Information taliban, déplora que « ce travail de destruction n'[était] pas aussi facile que les gens pourraient le penser. Vous ne pouvez pas abattre les statues par quelques coups de canons car toutes deux sont découpées dans une falaise et sont fermement attachées à la montagne. » Après la destruction, le mollah Omar déclara qu'il était « fier de tous les talibans qui avaient participé à la destruction de cette horreur impie synonyme d'une religion pour dégénérés. »

Selon l'ambassadeur afghan au Pakistan de l'époque, Abdul Salam Zaïf , le Japon est le pays qui a le plus fait pression pour tenter d'empêcher la démolition des statues. Une délégation officielle japonaise accompagnée d'un groupe de bouddhistes sri lankais a proposé de recouvrir les statues, et même de les démonter pour les reconstruire pièce par pièce à l'étranger, ce que les talibans ont refusé. De son côté, l'UNESCO avait délégué un envoyé spécial, Pierre Lafrance, ambassadeur de France, membre fondateur de la Society for the preservation of Afghanistan’s Cultural Heritage (SPACH).

En 2012, le fond japonais Saatchi proposa de reconstruire les deux statues, à ses frais, au gouvernement afghan, qui refusa fermement.

En 2014, le gouvernement afghan refusa l'installation d'une mission bouddhiste, et d'un monastère bouddhiste, ainsi que la reconstruction des statues, à Bâmiyân, offres proposées par des organisations bouddhistes japonaises, taïwanaises, et thaïlandaises.

Début 2015, des fondamentalistes musulmans proposèrent la construction d'une mosquée sur les lieux, financée par des fonds saoudiens. La construction d'une Medersa est aussi à l'étude.

La construction en Chine du Bouddha du Temple de la Source peut être lue comme une réaction à ces destructions.

 

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 Archéologie et restoration

Les premières études archéologiques sérieuses ont été conduites par la Déléguation archéologique française et Afghanistan (DAFA), avec André Godar et Joseph Hackin au début des années 1920, et poursuivies par ce dernier dans les années 1930.

Des fouilles archéologiques complémentaires sont effectuées par la DAFA, sous la direction de Zemaryalaï Tarzi, professeur à l'université de Strasbourg, auteur d'une thèse de doctorat sur les fresques de Bamiyân.

Bien que les statues soient presque totalement détruites, leurs contours et quelques parties sont encore reconnaissables dans les cavités. Il est aussi toujours possible d'explorer les cavernes des moines et les passages qui les relient. Cependant, la restauration du site n'a pas été jugée prioritaire par l'UNESCO et les bouddhas géants ne seront probablement jamais reconstruits. Les efforts se portent aujourd'hui dans deux directions, la consolidation de la falaise et plus particulièrement des niches qui ont beaucoup souffert des bombardements des talibans, et la recherche du troisième bouddha, un bouddha couché en parinirvâna, dont Xuangzan fait la description et qui se trouverait dans la vallée, peut-être enseveli.

Le musée de Kaboul conservait des fresques provenant de Bâmiyân ; certaines ont été endommagées durant les guerres civiles, quelques-unes ont pu être restaurées ou sont en cours de restauration. D'autres fresques sont exposées au Musée Guimet à Paris.

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Critère (i) :Les statues de Bouddha et l'art rupestre de la vallée de Bamyan sont une représentation exceptionnelle de l'école du Gandhara dans l'art bouddhique de la région d'Asie centrale.

 

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Critère (ii) : Les vestiges artistiques et architecturaux de la vallée de Bamyan, important centre bouddhiste sur la Route de la Soie, sont un témoignage exceptionnel de l'échange des influences indienne, hellénistique, romaine et sassanide, qui ont servi de fondations à une expression artistique particulière de l'école du Gandhara. À cela s'ajoute une influence islamique ultérieure.

 

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Critère (iii) : La vallée de Bamyan est un témoignage exceptionnel d'une tradition culturelle d'Asie centrale aujourd'hui disparue.

 

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Critère (iv) : La vallée de Bamyan est un exemple exceptionnel de paysage culturel illustrant une période significative du bouddhisme.

 

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Critère (vi) : La vallée de Bamiyan est l'expression monumentale la plus importante du Bouddhisme occidental. Ce fut un centre de pèlerinage essentiel sur plusieurs siècles. Les monuments, en raison de leurs valeurs symboliques, ont souffert à différentes périodes de leur histoire, notamment lors de la destruction délibérée de 2001, qui secoua le monde entier.

 

Source: Wikipedia

 

 

Coordonnées 34° 49' 55" nord, 67° 49' 36" est
Pays Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan
Subdivision Province de Bamiyan, district deBamiyan
Type Culturel
Critères (i), (ii), (iii), (iv), (vi)
Numéro
d’identification
208
Zone géographique Asie et Pacifique **
Année d’inscription 2003 (27ème session)
Classement en péril

2003