L'urgence est de sauver ce reptile en péril.

 

Les tortues marines hantaient déjà les océans de la planète avant l'arrivée des dinosaures, mais elles ont été rapidement et dramatiquement décimées par l'homme au siècle dernier et les sept espèces sont aujourd'hui classées plus ou moins gravement en voie d'extinction. Les tortues ont un important potentiel de longévité, mais elles doivent attendre l'age de 10 ans pour se reproduire, ce qui n'aide pas à la reproduction. De plus, elles n'ont pas su s'adapter aux changements imposés par les activités humaines, en mer comme autour de leurs plages de reproduction.

 

 

 

 

Une fois prise dans un filet, la tortue ne peut plus remonter à la surface pour respirer et meurt noyée.

 

Voyageuses au long cours

La plus grande tortue marine est la tortue luth, qui dépasse 2,50 m de long et dont le poids atteind parfois 900 kg. La plus petite est la tortue bâtarde (entre 62 et 70 cm de long). Entre les deux, il y a les cinq autres espèces: la tortue à dos plat, la tortue imbriquée, la caouane, l'olivâtre et la verte, encore plus gravement en voie d'extinction. La plupart des espèces sont de grandes voyageuses mais elles restent confinées aux eaux tropicales et subtropicales. Une exception: la tortue luth qui visite les eaux européennes en été pour se nourrir de méduses. Presque toutes les tortues vivent d'invertébrés de toutes sortes, mais la tortue verte est végétarienne, elle mange des herbes marines qui poussent dans les eaux côtières peu profondes. Les humains chassent les tortues pour leur chair, leurs oeufs et leur carapace. C'est avec la tortue verte que l'on fait la fameuse soupe de tortue. La tortue luth et la tortue olivâtre sont massacrées pour fabriquer des objets en cuir.

 

 

 

Dangers en mer

Etant donné leur nombre, les tortues supportent d'être les proies de requins et d'autres grands chasseurs océaniques, mais pas de périr noyées dans les filets de pêche qui envahissent les mers. On a estimé que les filets de crevettiers tuaient près de 40 000 tortues par an. Mais depuis 1989, de nouvelles lois imposent aux crevettiers américains d'être équipés de dispositifs qui empêchent la capture de tortues, ce qui a réduit le nombre de tortues tuées dans le golfe du Mexique. Mais les tortues doivent aussi affronter la pollution des océans ainsi que certaines prennent-elles les sacs en plastique qui polluent la mer pour des méduses, elles les mangent et meurent d'occlusion intestinale.

 

 

 

Sur les plages

Malgré sa protection légale, la tortue continue d'être exploitée et son habitat se détruit. Le braconnage des oeufs sur les sites de reproduction se perpétue dans de nombreuses régions; ses habitudes de nidifictation étant prévisibles, les braconniers ont la tâche facile. L'aménagement des plages pour le tourisme réduit le nombre de sites de nidification et perturbe le reptile. Certains nids sont détruits par les engins qui sillonnent les plages et les jeunes tortues sont incapables de sortir des ornières laissées par les pneus ou de s'extraire d'un sol damé. Les très jeunes tortues, qui se repèrent grâce au clair de lune pour rejoindre la mer, sont trompées par les lumières électriques qui entourent les plages et vont dans la mauvaise direction, ce qui ravit les mouettes et d'autres prédateurs qui les mangent. Il arrive aussi que des catastrophes naturelles, un ouragan par exemple, détruisent un site de reproduction tout entier.

 

 

 

Une main secourable

Inquiets de la diminution du nombre de tortues, les défenseurs de la vie marine du monde entier travaillent à redresser l'équilibre. On transportent les nids dans des lieux "sûrs" ou protégés des prédateurs par des grillages métalliques spéciaux. On fait incuber des oeufs loin des plages pour relâcher ensuite les nouveaux-nés. Dans certains endroits, l'éclairage artificiel est baissé, voire interdit, pendant une partie de la saison de nidificaion, pour donner aux jeunes tortues une chance supplémentaire d'arriver jusqu'à la mer. Mais sur des centaines de tortues qui parviennent à la mer, seules une ou deux atteindront l'âge adulte pour retourner dans leur site de reproduction natal.

 

 

 

On chasse la tortue luth pour sa carapace lisse, et pour ses pattes, considérées comme un mets de choix.

 

Des tumeurs mortelles

Certaines tortues contractent une maladie appelée fribropapilloma, probablement liée à la pollution. Elle provoque des tumeurs internes et externes qui finissent par tuer le reptile. Jadis, ce mal ne touchait que des espèces américaines, mais on a trouvé des tortues vertes atteintes au large des côtes du Kenya.

 

 

 

 

Agir pour sauvegarder: la tortue imbriquée

On rencontre quatre espèces de tortues marines dans les îles des Caraïbes, y compris la tortue imbriquée en voie d'extinction. La tortue imbriquée, qui est la plus tropicale des tortues marines, vit dans les lagons et les récifs coralliens en eaux chaudes des océans Indien, Atlantique et Pacifique où elle se nourrit surtout d'éponges.

 

 

 

 

Le commerce des carapaces

La tortues imbriquée, qui doit affronter les mêmes dangers que les autres espèces, est en plus chasser pour sa magnifique carapace, appelée à tort écaille de tortue. On tue des milliers de tortues imbriquées pour répondre à la demande des particuliers pour fabriquer des bijoux et d'autres objets en écaille de tortue. De ce fait, les tortues imbriquées sont très menacées et tout commerce internationnal les concernant est interdit. Pourtant, certains pays veulent que l'espèce soit délassée pour que le commerce puisse reprendre légalement.

 

 

 

 

 

Un contrôle sérieux

Une étude britannique récente concerne l'exploitation des populations de tortues marines dans les Caraïbes. Il faut espérer que le résultat contribuera à une défense du reptile au niveau régional. Cela assurerait sa survie, ainsi que celle de la tortue luth, de la caouane et de la verte, qui partagent la même aire de répartition.

 

 

 

C'est par où la mer?

Le travail de la MCS permettra à des bébés tortues de rejoindre la mer sans encombre.

 

Aux Caraïbes

On trouve la tortue imbriquée dans toute la Caraïbes, notamment dans les îles Sous-le-Vent, Caïmans et Vierges.

 

Mission de sauvegarde

La MCS a pour but de protéger les populations de tortues marines dans le monde. Pour la tortue imbriquée des Caraïbes, une telle intervention pourrait garantir sa survie.

 

 

 

 

Statut actuel de la tortue marine

Statut: 3 espèces gravement en voie d'extinction; 3 espèces en voie d'extinction, 1 espèce vulnérable

Nombre d'animaux sauvages:  données insuffisantes

Répartition: océans tropicaux et subtropicaux

Principales menaces: noyades dans les filets de pêche; chasse pour les oeufs, la carapace, la viande

Protection légale:  Protégée par l'annexe 1 de la CITES.

 

 

 

Comment agir?

- Adopter l'une des sept espèces de tortues marines. Contacter la MCS (Marine Conservation Society) sur www.seaturtle.org

- Si vous voyez une tortue marine, signalez votre observation à la MCS.

- N'achetez aucun objet en "écaille de tortue".

 

 

 

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