Bête_du_Gévaudan_(1764)

 

Les dragons rassembles beaucoup de monde, ils ratissent les secteur, mais la Bête, reste invisible.

La première vrai battue de Duhamel aura lieu le 15 novembre, suite à une information fournie par un grenadier en permission à Pont-Archat qui dit avoir observé la Bête la veille en revenant de Marvejols. Le rendez-vous est donné aux chasseurs et aux habitans de ce petit village, mais aussi des paroisses voisines d'Aumont-Aubrac au sud, et Rimeize à l'est. La chasse sera infructueuse malgré une inspection méthodique des bois sur plusieurs kilomètres à la ronde grâce à la présence du grenadier comme guide.

Outre ses actions de chasse, Duhamel donne des conseils aux paysans en leur demandant de regrouper le bétail et de le garder en commun; plus facile à dire qu'à faire! On ne change pas des habitudes ancestrales en si peu de temps! Les mélanges de bétail donnaient toujours lieu à des palabres parfois violentes: un tel reprochait à son voisin de lui avoir pris de "bonnes bêtes" pour lui en restituer de vieilles ou de maigres. Il ordonne aussi, et cela est une très bonne idée, que toute personne se déplaçant soit équipée d'une lance constituée d'une lame tranchante fixe sur un manche de bois d'un mètre de long environ. Cet accessoire sauvera bien des vies aux enfants et mêmes aux adultes qui pourront ainsi se défendre et mettre la Bête en fuite.

A peu près au même moment, l'intendant fait cesser les chasses permanentes, jugées dorénavant inopportunes et coûteuses; mais on verra que cet ordre sera oublié rapidement.

Plusieurs tempêtes de neige empêchent d'ailleurs la concrétisation des actions projetées contre la Bête, durant une semaine. Puis les conditions climatiques redevenues plus propices, les battues localisées et programmées reprennent, et plusieurs dizaines de loups sont tués au cours de celles-ci. Mais Duhamel ne peut trouver la Bête, qui semble se cacher lors de ses traques, comme si elle se savait recherchée.

Le 15 décembre, lors d'un réunion, les Etats du Languedoc décident de verser une prime de 2 000 livres à celui qui tuera la Bête.

Le 23 décembre 1764, Duhamel et ses hommes sont avertis du devoir de quitter les lieux, remerciés par le comte de Montcam gouverneur, déçu de leur insuccès; mais à contrario devant l'hécatombe qui continue, ils obtiennent du roi l'autorisation de rester encore sur place, malgré les pressions à leur encontre de certains nobles locaux pour les faire partir au motif que sa troupe coûte trop cher (10 sol par jour et par homme).

Dans le doute et pour apaiser certains esprits échauffés, Duhamel quittera les lieux de chasse pour se replier sur Langogne le 24 décembre 1764 sur ordre des Etats du Gévaudan.

Il est reproché à Duhamel le coût de ses chasses, "son arrogance", son exploitation des populations locales, qui doivent donner leur temps, nourrir les hommes et les chevaux.

Les populations n'ont pas oublié non plus les "dragonnades" des années 1700, qui avaient sévèrement réprimé les conflits religieux, faisant de nombreux morts.

La Bête poursuit ses ravages

- Le 24 décembre, la Bête tue un garçon de 16 ans à Chanaleilles;

- Le 26, elle attaque et tue une fille de 19 ans à Boussefols, commune de Rieutord-de-Randon (25 km au sud);

- Le 28, dans l'après-midi, elle attaque une fillette de 12 ans à Saint-Martin, commune de Born. Ce sera la dernière victime, heureusement rescapée de cette première année d'agissement de cet animal féroce, sanguinaire et insaisissable.

Pour accomplir cette saga meurtrière, la Bête a effectuée une course folle de plus de 30 km en deux jours; cette particularité de se déplacer ainsi, a fait penser aux habitants de la région, que la Bête avait le don d'ubiquité. Plus récement, certains auteurs reprendront cette théorie de la Bête qui se dédouble pour être partout au même moment, la rendant ainsi solennelle, divine.

Bilan de cette année 1764, marquée par des errances inexpliquées: 27 attaques, 18 tués. Il faut noter aussi l'abattage de 74 loups au cours de cette même année sans que cela ait eu une quelconque influence sur les attaques.

 

La Bête du Gévaudan: le loup acquitté, enfin.