Née à la fin du printemps, elle prend sont indépendance à l'automne.

 

Un joli petit animal célèbre pour son odeur

Bébé moufette pousse comme un champignon. En quelques semaines, elle a appris à chasser, à utiliser son "gaz de combat", bref à se débrouiller toute seule! A cinq mois, elle quitte les siens. A un an, elle est prête pour fonder sa propre famille.

 

 

 

La naissance

C'est au mois de mai ou en juin, que la femelle met au monde en moyenne de cinq à sept petits, après une gestation de 60 à 75 jours. Ces derniers sont confortablement installés dans un nid douillet, garni de feuilles mortes et d'herbes sèches, aménagé par leur mère dans un tronc d'arbre, une souche de bois ou encore dans l'ancien terrier d'un autre animal.

A la naissance, les bébés moufettes sont aveugles et roses. Mais en regardant de près leur fin pelage, on distingue déjà les taches blanches et noires de leur future somptueuse fourrure qui fait leur identité.

Les nouveaux-nés sont vraiment minuscules: ils pèsent chacun à peine trente grammes et mesurent treize centimètres. Mais ils vont grandir à toute vitesse, grâce au lait riche de leur mère. Les premiers jours, celle-ci se place juste au-dessus d'eaux pour les allaiter. Ainsi, ils peuvent attraper plus facilement ses tétines. Et ils n'ont que l'embarras du choix! La femelle dispose de douze tétines, et parfois même quatorze!

 

 

 

Les premières semaines

Entre la deuxième et la quatrième semaine, les bébés commencent à ouvrir les yeux. Ils ont une croissance ultra-rapide, liée à un solide appétit! Maintenant leur mère se couche sur le flanc pour la tétée. C'est moins fatiguant pour donner le biberon à sept petits voraces qui tirent sur les tétines comme s'ils étaient affamés. Ces jeunes goinfres vont encore avoir droit au bon lait maternel pendant huit à dix semaines.

 

 

 

Comment apprennent-ils à se nourri?

La femelle s'occupe seule de l'éducation de ses enfants. Elle reste avec eux quatre ou cinq mois pendant lesquels elle leur apprend tout ce qu'ils doivent savoir pour ne pas mourrir de faim. Très vite, en regardant leur mère fouiller la litière avec son museau et retourner les pierres et les morceaux d'écorce avec ses pattes avant, les jeunes apprennent à attraper les coléoptères, à débusquer et capturer les petits rongeurs en bondissant dessus. Quant aux chenilles urticantes ou aux crapauds à la peau toxique, les bons élèves ont bien rentenu la leçon: ils n'oublient jamais de les rouler sur le sol pour leur arracher les poils ou la peau avant de les manger. Et la technique pour les oeufs? Si la coquille est récalcitrante, les chenapans donnent un vigoureux coup de patte arriève dans l'oeuf, l'envoyant rouler et terminer sa course sur un objet dur où il va se fracasser.

 

 

 

 

Des petits qui ont de la défense!

A deux ou trois semaines, époque où ils commencent tout juste à ouvrir les yeux, les petits gredins sont déjà capables d'utiliser leur fameuse botte secrète: des glandes anales pouvant projeter un nuage de fines gouttelettes qui dégage une odeur pestillentielle. Nez délicat s'abstenir! Le jet nauséabond laisse un souvenir impérissable à ceux qu'il l'ont reçu. L'attaquant n'est pas près de l'oublier, surtout si le liquide a atteint les yeux: la brûlure est particulièrement cuisante. Un vrai gaz de combat!

 

 

 

Il n'y a pas deux moufettes rayées semblables. Elles sont toutes noir et blanc, mais les dessins de leur élégante fourrure varient d'un animal à l'autre et marquent en somme leur identité.

 

Changement de régime

Mais dès le deuxième mois, débute le sevrage. La nuit venue, les petites boules de poils bicolores trottinent avec nonchalance derrière leur mère, en file indienne. Le but de ces promenades nocturnes: la recherche d'une alimentation plus solide. Au début, les repas sont essentiellement constitués d"invertébrés: escargots, coléoptères, chenilles, criquets, vers de terre, araignées, faciles à attraper. Sans oublier une friandise de tout premier choix: les oeufs. Mais, très vite, les jeunes sont capables de chasser des rongeurs, comme les musaraignes ou les campagnols, des lézards, des grenouilles et même des écrevisses.

 

 

 

L'heure de l'indépendance

L'automne est arrivé. Maintenant, les petits ont participés à assez de chasses avec leur mère, pour savoir se débrouiller seuls. C'est l'heure de la séparation. Les liens familaux se rompent et chacun s'en va de son côté vivre sa propre existence. Une solitude qui sera de courte durée car, quelques mois plus tard, les animaux se retrouvent pour dormir dans le même terrier pendant les longs mois d'hiver. Au printemps, suivant, les jeunes moufettes fonderont, à leur tour, une famille. Certaines creuseront alors un terrier avec leurs griffes devenues puissantes, d'autres profitant des opportunités, se contenteront du terrier d'une autre espèce.

 

 

 

De terrier en terrier

Les deux premières semaines, la femelle, prudente, change ses nouveaux-nés de gîtes tous les deux ou trois jours, en les transportant avec grand soin dans sa gueule. Un bon moyen pour éviter que le nid soit repéré par les prédateurs, à une époque où les jeunes sont incapables de se défendre. Car le "parfum" très spécial de la moufette ne passe pas inaperçu. Alors l'odeur cumulée d'une bonne demi-douzaine de petites moufettes, confinées dans la chaleur du terrier, laisse des efflures décelables de très loin!

 

1024px-Baby_skunks_Zorrillitos_02